Une muse sans nom : création partagée entre Mo Armen et les lycéens de Trois Bassins
Une œuvre haute en couleurs, ancrée dans les hauts de Trois-Bassins
C’est une belle histoire de rencontre et de création qui est née entre la mairie et le lycée de Trois-Bassins, à travers la professeure d’arts appliqués, Nathalie HALLER et la documentaliste Chantal BAVOL. Alors Mo Armen s’est mise à réfléchir, à essayer, à combiner, à imaginer une esquisse. Le projet a pris son temps, comme les belles choses. Il a fallu trouver la bonne idée, s’accorder, affiner… et pendant tout ce temps, l’artiste, elle, rêvait, créait, modifiait. Ce travail, elle l’a vécu avec enthousiasme, joie, parfois même avec une petite dose de surprise !
Comme ce soir-là, où, en traçant le dessin sur le mur, elle est restée tard et a vu le coucher de soleil de Trois-Bassins : un moment magique qui l’a poussée à changer ses plans.
« Lé gayaaaar marmay ! », dit-elle en riant.
Des symboles qui racontent notre histoire
Regardez bien l’image : chaque élément a son sens.
D’abord, il y a ce tapis-mendiant, objet fort de la culture créole. Il parle des femmes lontan, de leur savoir-faire, de leur manière de recycler, de créer en discutant, en cousant ensemble. Une des pièces de tissu cache même une petite feuille de géranium rosa, un clin d’œil discret à nos plantes d’ici.
Au-dessus du personnage, on voit trois voûtes et trois gouttes d’eau. Trois comme les trois partenaires du projet : la mairie, le lycée, et l’église, où l’œuvre est justement située. Trois aussi comme les trois bassins qui donnent leur nom à la commune.
L’eau, si précieuse, est ici un symbole fort : celle qu’on partage, qu’on respecte, celle qu’on apprend à préserver.
Et puis, pour ceux qui veulent y voir une image spirituelle, les gouttes et les voûtes peuvent aussi parler du ciel, de la foi, ou tout simplement de la beauté de notre paysage.
Un visage, mille histoires
Et ce visage en noir et blanc, alors ? C’est celui d’une femme. Peut-être une figure du passé, comme une vieille photo qui aurait des choses à nous dire aujourd’hui.
Mais qui est-ce ? Beaucoup se posent la question. Est-ce Célimène Gaudieux ? Anne Mousse ? Frida Kahlo ? Une ancienne élue de Trois-Bassins ?
L’artiste ne donne pas de réponse. Ce visage, c’est peut-être un mélange de toutes ces femmes, ou tout simplement une figure symbolique qui invite chacun à interpréter selon son propre regard.
Une œuvre pour et avec les trois-bassinois
Ce mur, c’est une fresque vivante. Une image qui parle d’ici, qui rend hommage aux racines, à la transmission, à la créativité. C’est un projet collaboratif, un pont entre générations, entre les élèves, les habitants, les artistes, les institutions. Et surtout, c’est une œuvre qui s’inscrit dans le paysage de Trois-Bassins, avec respect, avec cœur, et avec beaucoup d’amour pour cette île.




